Les temps modernes

Bien que sortis en 1936, « Les temps modernes » (« Modern times ») est un film muet. le chef-d’oeuvre de Charlie Chaplin est une satire percutante du travail à la chaîne et du fordisme.

Comme toujours chez Charlie Chaplin, la critique sociale passe par la comédie. À cet égard, la scène où la machine à manger, devenue folle, agresse le malheureux ouvrier, est un des sommets du genre.

Mêlés au rire, les instants de poésie donnent au film un ton inimitable. Le moment où Chaplin transforme les machines en figures de ballet est une scène inoubliable.

L’aurore

Réalisée par F.W. Murnau en 1927, « L’aurore » (« Sunrise ») comprend des instants magiques. C’est le cas de la scène admirable qui voit George O’Brien et Janet Gaynor s’embrasser au milieu d’une rue parcourue de voitures. Tout à coup, les véhicules et leurs conducteurs furieux laissent la place, sur l’écran, à la vision d’un pré fleuri. Tout à leur amour, les amants sont toujours seuls au monde.

La force des situations et la puissance de l’interprétation, notamment celle de Janet Gaynor, transforment ces personnages ordinaires en types universels. Tour à tour, ils symbolisent le désir, la passion meurtrière et finalement la rédemption par l’amour.

La grande parade

Sortie en 1925, « La grande parade » (« The big parade ») est un des chefs-d’oeuvre de King Vidor. Le film est l’un des premiers à montrer la guerre de 1914-1918 sous son vrai jour. 
À cet égard, les scènes de bataille se distinguent par une âpreté nouvelle et montrent s l’enfer des tranchées sans concessions. Les instants de gaieté, qui ponctuent la vie au front, ne sont pas pour autant oubliés.

Par ailleurs, certains moments sont admirables. La scène des adieux, où Renée Adorée, frappée de stupeur, reste immobile au milieu du cortège des soldats et des passants, est bouleversante.

Le vent

Réalisé en 1928 par le metteur en scène suédois Victor Sjöström, « Le vent » (« The wind ») est un magnifique poème naturaliste.

Représentant le plus illustre de l’école suédoise, qui, dans ses films, fait de la nature un personnage à part entière, Sjöström parvient à donner au vent omniprésent dans l’histoire une force évocatrice remarquable et un pouvoir symbolique évident.

Une scène du film est très belle. C’est celle où Lillian Gish, meurtrie dans ses affections et déçue dans ses ambitions, tente d’enterrer le cadavre de l’homme qu’elle vient de tuer. Mais elle n’y parvient pas, car le vent le découvre sans cesse.